Ateliers slam: témoignage d’une ancienne élève devenue slameuse

10 03 2010

Anne Cheneau, fondatrice de l’association française Slam & Cie, et Ella Dilafé, slameuse, ne forment qu’une seule personne. Au lycée, Anne avoue que la marge de ses copies portaient souvent la mention "Mal écrit!". Aujourd’hui elle voit avec bonheur les élèves les plus en difficulté se révéler à travers le slam. Elle livre un témoignage de ses expériences dans les classes.

>> Lire la chronique du microlycée du Val-de-Marne





Slam, mais encore?

16 09 2009

Définition
Le slam est une poésie déclamée sur fond musical, ou non. Art d’expression orale populaire, il se pratique généralement dans des lieux publics, sous forme de scènes ouvertes et de tournois. Les slameurs – ou poètes – déclament, lisent, scandent, chantent, jouent des textes de leur cru sur des thèmes libres ou imposés.
Nouvelle forme de poésie, le slam allie écriture, oralité et expression scénique. Focalisée sur le verbe et l’expression brute, elle se caractérise notamment par une grande économie de moyens. Sur scène, ni décor ni costume. Simplement le verbe, et l’art déclamatoire. Une bouche qui donne, et des oreilles qui prennent. Un moyen de rendre la poésie plus vivante et de l’inscrire – ou de la réinscrire – dans le présent.

Slam dit quoi?
Dans le slam, tous les sujets peuvent être abordés, dans n’importe quel style, à condition d’utiliser ses propres textes.
Sur de nombreuses scènes publiques, les slameurs abordent les problèmes liés au quotidien des banlieues. Le slam est alors identifié comme un mouvement social contestataire permettant aux jeunes se sentant délaissés d’exprimer leur mal-être. Ailleurs en revanche, les thèmes abordés sont au contraire très souvent universels, avec en premier lieu, évidemment, l’amour. Poésie oblige. Autres scènes, autres slams.
Il n’en reste pas moins que le slam est la plupart du temps défini comme «une mission citoyenne, le retour selon Sébastien Gavignet, fondateur du collectif Slam Tribu, en France, de quelque chose qui n’existait plus, un retour à la communication, en bref un moment de partage.» Une vision partagée par Grand Corps Malade, qui voit le slam comme «un moment de rencontres, un moment de partage».

«Slam», ça vient d’où?
Le terme «slam» est un mot anglais dont la traduction française est double: le nom «chelem» ou le verbe «claquer» (to slam a door). Si certains voient dans la traduction «claquer» une allusion à la façon dont les mots sont déclamés, il n’en reste pas moins que de l’aveu du créateur du mouvement, l’américain Marc Smith, c’est bien le nom «chelem» qui est à l’origine de «slam». Celui-ci aurait ainsi dit, lors de son intervention au Grand Slam de Nantes, en 2005, avoir choisi le mot slam pour son sens sportif et ludique de «chelem».
Dans le domaine sportif, un grand chelem est une série de victoires de toutes les épreuves d’un ensemble. Au tennis par exemple, celui qui souhaite remporter le grand chelem doit décrocher la victoire lors de quatre épreuves: à l’Open d’Australie (Melbourne), à Roland Garros (Paris), à l’US Open (New-York) et à Wimbledon (Londres).
Aujourd’hui le mot «slam» est souvent utilisé pour définir différentes pratiques oratoires: scène ouverte, chanson de «spoken word», de rap, ou même un poème ("je vais vous dire un slam"). Cette globalisation du mot entraîne une incompréhension généralisée sur la réalité même du slam de poésie, dont les règles sont très précises. Mais en fin de compte ces actions riches et diverses se rejoignent toutes dans un amour de la langue et de la parole.

Histoire de slam
Le slam est né à Chicago, en 1984, dans un bar de jazz appelé le Green Mill Tavern (ancienne retraite d’Al Capone). Marc Smith, alors simple entrepreneur en bâtiment, eut l’idée, afin de donner un nouveau souffle aux scènes ouvertes de poésie, d’organiser une compétition tous les dimanches soirs et d’y faire participer le public. Le patron du bar l’accueillit à bras ouverts et le «Uptown Poetry Slam» naquit en juillet 1984. L’idée suscita un engouement populaire et se propagea d’abord à New York, puis dans le monde entier.








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